06/01/2013
Sommeil, Haruki Murakami (éd. Belfond)
Ainsi, ne pas dormir ne me faisait plus peur. Je n'avais rien à craindre. Il fallait voir les choses positivement : ma vie prenait une nouvelle dimension, en fait. De dix heures du soir à six heures du matin, mon temps n'appartenait qu'à moi. Jusque-là, j'avais passé un temps équivalent à un tiers de mes journées à dormir - ce qu'ils appelaient un "acte réparateur destiné à refroidir le moteur". Mais désormais tout ce temps m'appartenait. A moi et à personne d'autre. Rien qu'à moi. Et je pouvais l'utiliser comme je l'entendais. Personne ne viendrait me déranger. C'était un agrandissement de ma vie. Ma vie s'était agrandie d'un tiers. (p. 60)
(Illustration : Kat Menschik)
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